Il n’y a pas de trêve dans la bataille pour la sauvegarde de nos droits sur notre territoire. Aujourd’hui comme demain, nous devons continuer à nous mobiliser contre les suppressions de postes dans l’industrie dans nos différentes entreprises.
L’action syndicale de la CFDT est placée sous le thème de la défense des salaires, du pouvoir d’achat, de la retraite mais aussi de l’emploi.
L’emploi, parlons en.
Le Pays Basque n’est pas épargné.
LUXAT à Briscous : cette entreprise en redressement judiciaire, a comparu devant le tribunal de commerce le lundi 30 mai 2011.
Le tribunal a prononcé la reprise du groupe Luxat, Paré Gabia et Luxat développement par le groupe Royer et Goncho Tollobei. En même temps, il prononce la liquidation de ces mêmes sociétés pour tout simplement éviter au repreneur de régler le passif des créances.
Le repreneur s’engage à maintenir 70 salariés sur les 96 du départ.
Etat des suppressions de postes :
10 licenciements sec (salariés proche de la retraite, 58, 59 ans)
4 demandes en FNE
Le reste en départ volontaire
PLASTITUBE avec un PSE de moins 57 emplois mais aussi la dénonciation, comme par hasard, de tous les accords d’entreprise plus favorable que la convention collective. C’est une délocalisation de la production avec un investissement industriel important du groupe au profit d’une entreprise située en Belgique.
Encore une fois c’est l’appât du gain la rentabilité financière qui pousse à la délocalisation vers un pays avec un coût de main d’œuvre moins élevé.
Point sur le Plan Sauvegarde de l’Emploi (PSE) à ce jour :
Au départ, 57 suppressions d’emplois avec la création de 10 emplois sur d’autres postes
Les partenaires sociaux sont toujours en négociation : 12 autres emplois ont été « sauvés », reste néanmoins 35 suppressions de postes.
La CFDT considère que sur le long terme, l’entreprise ne sera pas viable. Les postes supprimés vont à l’encontre de son bon fonctionnement. Cette restructuration est purement comptable mais incompatible avec le maintien de niveau de production. Les salariés sont toujours en lutte, le chantage de la direction générale continu en culpabilisant les grévistes.
Plastitube à fait le choix de délocaliser, à nous tous, pouvoir public, politiques inclus de les contraindre à prendre la responsabilité de leurs actes dans le reclassement des salariés licenciés.
Bois & Chiffons, menacée de fermeture. 40 emplois sur Mouguerre et 12 magasins avec au total plus de 80 suppressions de postes en Aquitaine. Nous sommes là face à un groupe qui, au départ, a acheté cette société sans aucun fonds propres, mais par un montage financier LBO en s’adossant par une holding à un groupe bancaire, a emprunté la totalité des fonds. Ce sont les bénéfices des magasins qui devaient rembourser ce prêt énorme.
Mais la crise est passée par là. Les bénéfices n’étant pas au rendez-vous, les dirigeants ont tranchés, on conserve l’activité qui rapporte, c’est-à-dire Bois & Chiffons International. C’est cette plate-forme qui achète toute la marchandise en Asie et ailleurs, c’est là que la holding ponctionne un maximum de marge, car c’est à ce niveau que sont fixés les prix de revente dans toute la chaîne des magasins.
Cerise sur le gâteau, comble de la malhonnêteté : la direction générale demande à tous ses salariés la discrétion, la confiance en la direction, tout cela pour se défaire plus facilement d’une partie de la société et de ses salariés en préservant les intérêts du groupe coté en bourse.
Comment peut-on ne pas s’insurger face à de telles pratiques ?
La CFDT dénonce ces méthodes peu scrupuleuses, avec nos experts nous mettons tout en œuvre pour contrecarrer ce plan diabolique. Au-delà du financier, cette entreprise par son savoir faire est en capacité de fonctionner en totale indépendance. Sans se soucier du lendemain pour les salariés c’est cette gestion purement comptable et financière qui causera la disparition de cette société pourtant viable.
Sur le plan national, quelques données sur l’emploi :
baisse du chômage cette année, mais forte hausse de la précarité.
Hausse également des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté en France.
60% des embauches sont des contrats inférieurs à 1 mois, soit 13 millions de contrats sur 19 millions d’embauches
Uniquement 1 contrat sur 6 est en CDI
Hausse de l’intérim
700 000 chômeurs de plus qu’avant le début de la crise, ses conséquences sur l’emploi sont loin d’être terminées
Pouvoir d’achat :
La campagne électorale pour les présidentielles est lancée, preuve s’il en est de l’annonce faite par le Président de la République.
Au départ une prime de 1 000 € promise à tous les salariés, au final ce ne seront qu’une faible partie des salariés du privé qui pourront y prétendre (environ 16%)
La CFDT s’est clairement exprimée contre cette prime car elle ne fait qu’augmenter les disparités entre les salariés des grandes entreprises d’un côté, et les salariés des TPE-PME et les fonctionnaires de l’autre, qui ont vu leur niveau de vie baisser ces dernières années.
Le discours du Président est populiste et il ne règle en rien le problème du pouvoir d’achat des Français. Encore un effet d’annonce. La CFDT ne se satisfera pas de ces promesses.
Si le Gouvernement et le Président de la République ont la volonté politique d’améliorer le pouvoir d’achat des français, ils en ont les moyens en s’appuyant sur des leviers économiques et sociaux durables qui relèvent de leurs compétences :
Sur l’énergie : en régulant les augmentations de l’électricité et du gaz.
Sur la baisse de la taxe flottante pour faire baisser le prix des carburants à la pompe.
En développant une véritable politique d’accession à la propriété, de loyers modérés pour permettre aux Français de se loger sans être victime de la spéculation foncière. La garantie de se loger à moindre frais est aussi une amélioration du pouvoir d’achat.
A l’inverse, le Gouvernement ponctionne le 1% logement pour financer sa politique au détriment de la construction même de logements qui seraient aussi source de développement pour les entreprises et pour l’emploi.
Pénibilité :
La CFDT revendique la traçabilité des expositions aux facteurs de pénibilité tout au long de leur carrière pour les salariés. Ces données doivent être conservées dans le dossier médical et transmises aux caisses de retraite (CARSAT) pour leurs prises en compte au moment du départ à la retraite.
La négociation sur la pénibilité n’a pas encore abouti, les syndicats de salariés revendiquent des sanctions financières sous forme de cotisations majorées pour les entreprises ne prenant pas les mesures nécessaires à l’amélioration des conditions de travail. Le financement doit être assuré par une contribution au niveau des branches professionnelles.
Il est reconnu que les salariés exposés à la pénibilité ont une espérance de vie inférieure de 7 ans par rapport aux autres salariés. La CFDT appuie sa réflexion sur l’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé, elle regrette la confusion par le législateur et le Gouvernement des notions de pénibilité et d’handicap.
Il serait temps que nos dirigeants entendent la rue, de nombreux dossiers sont encore en suspens : la Sécurité Sociale, les retraites, … Pour la CFDT, le débat doit être lancé pendant cette campagne présidentielle.