En plus des conséquences de la crise financière de 2008, l’Europe connait une crise de la zone Euro dont l’illustration la plus violente est la situation de la Grèce net maintenant celle de l’Italie

 

En effet, les dettes publiques des états de la zone Euro qui fragilisent la monnaie commune, mettent tous les états membres sous pression. Les états en bonne santé économique, en premier lieu l’Allemagne, sous la pression d’une opinion publique défavorable à une politique européenne solidaire, demande aux pays les plus en difficultés un renforcement de la rigueur budgétaire.

 

Les pays les plus endettés sont confrontés à une récession et à des taux d’intérêt élevés, créant une spirale infernale dans laquelle les politiques d’austérité sont de plus en plus contestées par les organisations syndicales nationales puisque pour elles, non seulement les politiques mises en œuvre accroissent les difficultés sociales, mais en plus, elles ne donnent pas de perspectives de sortie de crise, bien au contraire.

 

Face à des situations nationales difficiles, les syndicats sont démunis. Ils  disposent de peu de marge pour influer les politiques décidées. Ils doivent aussi faire face aux tendances de plus en plus marquées de repli national et de montée du populisme se traduisant notamment par de fortes contestations du FMI, de la politique européenne, du pacte pour l’Euro qui sont considérés comme les causes des politiques d’austérité. Des critiques violentes qui ne sont pas toutes fondées, mais il faut bien trouver un bouc émissaire.

 

Le syndicalisme européen a du mal à parler d’une même voix.  La  revendication d’un salaire minimum en Europe fait l’objet d’une contestation de tous les syndicats des pays nordiques.

 

 

 

Nous sommes à un an de l’élection présidentielle et déjà en campagne électorale.

Dans un climat politique où, en France comme en Europe, on observe une montée de discours nationalistes et xénophobes, de discours populistes. La place prise par le FN dans le débat public et dans les élections cantonales en témoigne.

 

Le président de la République, avec la prime de 1000 €, versée là où les dividendes sont en hausse, prétend répondre aux besoins du pouvoir d’achat des français. Avec cette mesure le rééquilibrage entre revenus du travail et revenus du capital est loin d’être réglé.

 

Avec la prime de 1000 euros, le président de la République porte un double coup au dialogue social :

Au niveau national en voulant montrer que le politique peut faire en quelques semaines ce que les partenaires sociaux n’ont pas réussi à faire en deux ans, Au niveau des entreprises en venant perturber les résultats des accords salariaux là où ils existent et en ajoutant un sujet de négociation obligatoire

là où il y en a déjà trop, ce qui conduit à un renforcement de l’institutionnalisation du dialogue social alors que nous voulons lui redonner du souffle. Agir et obtenir des résultats, même modestes, par la négociation collective c’est un moyen d’assumer notre fonction syndicale et notre autonomie vis-à-vis du politique. Alors que s’en remettre aux échéances politiques, amoindrir la portée des résultats de notre action revient à nier l’utilité du syndicalisme.

 

 

 

Affaire DSK

En ce qui concerne le FMI, nombreux sont les observateurs qui reconnaissent un travail sérieux de DSK. Des syndicalistes de pays européens aidés par le FMI disent qu’ils ont perdu un allié dans le combat contre les politiques d’austérité décidées par leurs dirigeants. Nous n’avons ni les éléments ni la légitimité pour intervenir dans le débat sur la mise en cause de DSK par la police et la justice américaine. Nous défendons la présomption d’innocence. Nous avons à plus forte raison à exiger le respect de la

victime.

 

 

En ces temps de crise La montée des populismes est quasi générale, chez nos voisin Espagnol, se sont les indépendantistes qui ont remporté les élections.

Ce qui se passe en Espagne mérite d’être regardé de près. Ce pays est confronté à une crise grave, le chômage dépasse les 20 %. Il est de 40 % chez les jeunes.

Ceux-ci manifestent en disant aux principaux partis politiques « vous ne nous représentez pas ».

 

 

Sur les indignés

Ni les partis politiques, ni les syndicats ne fédèrent ce mouvement. Il est même fortement probable que les syndicats UGT et CCOO qui n’hésitent pas à dénoncer les limites des politiques gouvernementales mais qui sont tout aussi engagés dans des solutions indispensables quoique difficiles, soient rangés par les  manifestants dans le même camp que les responsables politiques.

 

Pour la CFDT, il faut, d’une part, répondre aux difficultés et aux angoisses par la construction de nouvelles garanties et non par de longs discours

 

 

Michel LARRALDE

Secrétaire Général CFDT Pays Basque

Juillet 2011
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